L’INSURRECTION LIVRADAISE DE DECEMBRE 1851.
L’Insurrection livradaise
de
Décembre 1851.
Il y a 160 ans, parallèlement au coup d’état du 2 Décembre 1851
du prince Président Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III :
Un coup d’Etat eu lieu
à Sainte Livrade.
Une cinquantaine de républicains Livradais avec à leur tête Jean Singlande, notaire, fomentèrent une révolte pour prendre le pouvoir municipal. Leur idéal était de défendre la République, la constitution et la liberté face à l’impérialisme Napoléonien qui se profilait.
Ils se réunissaient au « café du siècle » rue Nationale fondé en 1840 par Jean Claverie dont nous avons déjà évoqué le parcours Livradais dans notre article sur le « Tivoli ». C’est ainsi qu’ils partirent en armes de leur QG prendre d’assaut et sans résistance la mairie de Sainte- Livrade.
Ils évincèrent le maire Bernard Nelson de Cocquard et firent placarder sur la façade de la mairie l’affiche suivante :
En ce qui concerne le courrier durant cette période trouble, Sainte-Livrade étant tiraillée entre les partisans du Prince Louis Napoléon et ceux des Républicains insurgés.
Le receveur des Postes, après avoir consulté le Maire destitué refusa à partir du 3 Décembre 1851 de délivrer à la commission provisoire tous les courriers administratifs adressés à la Mairie. Il adressa une lettre dans ce sens pour en informer sa hiérarchie.
Les insurgés tinrent ainsi le pouvoir municipal une semaine durant, mais c’était sans compter sur la fermeté du Prince Président Louis Napoléon Bonaparte qui les fit arrêter, juger, et condamner à la déportation au bagne de Lambessa en Algérie.
Le meneur de l’insurrection Jean Singlande, condamné à plus de dix ans de bagne s’évada et se réfugia en Espagne dans des circonstances encore inconnues. Lorsque l’Empire autoritaire de Napoléon III deviendra plus libéral, il rentrera en France où il sera réhabilité (grâce présidentielle du 27 avril 1853) et sera même élu conseiller municipal sous le mandat du Dr Lacombe en 1864.
Quant à Jean Claverie, limonadier à Sainte-Livrade-sur-Lot, il sera transporté au bagne en Algérie, et y décèdera de dysenterie le 27 août 1852 à l’âge de 43 ans. Il sera inhumé en terre algérienne et gracié le 18 novembre 1852.
En ce qui concerne leurs comparses, certains furent condamnés à l’internement, d’autres à la surveillance ce qui les obligeait à se présenter tout les quinze jours à la gendarmerie de leur commune pour signer un document de présence. S’ils désiraient voyager ils devaient en faire la demande au Préfet du département. Enfin il y eu des expulsés hors du département.
Et tout cela c’était il y a 160 années !...................





